Mémoire : Aïkido et Shiatsu

Un extrait du mémoire que j'ai rédigé pour mon examen de praticien en Shiatsu
 
 
Comment les arts martiaux m'ont conduit à l'Aïkido et au Shiatsu.
 
 
Depuis mon adolescence, j'ai toujours été attirée par les arts martiaux. Je pressentais une dimension qui différait du simple combat entre deux personnes. Bien sûr, à ce moment je n'arrivais pas à mettre un nom sur ce que je recherchais, je sais aujourd'hui qu'il s'agit du travail avec le Ki, Energie de la Vie.
         Un ami pratiquait l'Aïkido, mais à cette période, cette discipline ne m'était pas accessible.
 
 
Mon parcours a débuté avec la pratique du Karaté Shotokan durant 4 années (1978-1981). Lors des entraînements, en cas de douleurs, de "mystérieuses" manipulations soulageaient rapidement. A la fin des séances, un "massage" particulier permettait de trouver un bien-être et une certaine vitalité. Lors de stages, une simple pression sur un corps rendait l'adversaire inoffensif ou le mettait K.O.. Des maîtres en karaté, de corpulence faible, pouvaient déplacer des personnes faisant deux fois leur poids et ne pouvaient pas être soulevé par deux personnes. Quels mystères agissaient donc ainsi ?
 
Sans trouver de réponse à cette question, ces années n'ont pas été vaines. Elles m'ont permis d'acquérir une discipline personnelle et de comprendre que l'acquisition d'une technique passe dans un premier temps par une répétition des gestes, avant de se poursuivre dans une compréhension de la technique sur un plan plus subtil.
 
La vie professionnelle et familiale a ensuite pris le dessus sur la pratique des arts martiaux.
 
 
Avec une réorientation de mon parcours professionnel, j'ai pu reprendre ma recherche avec le Judo-Jujitsu pendant 5 ans (1999-2004) et en même temps j'ai pu être aide moniteur "Eveil Judo" pour les 4-5 ans. Ces années ont été très fructueuses, elles m'ont permis de comprendre qu'il fallait acquérir une simplicité dans le geste, et une justesse au niveau de chaque technique. Ceci est possible par la pratique régulière et par une recherche constante. En même temps elles m'ont confirmé dans le fait qu'il manquait quelque chose, une autre dimension. Toutes les techniques étaient orientées vers la force physique, la puissance extérieure, la rapidité et l'effet de surprise, alors que je recherchais un travail interne, avec le Hara, le Ki.
Plus je progressais en jujitsu, plus je me rendais compte que je n'y trouverais pas la réponse à ce que je cherchais.
 
 
Lors de stages d'initiation au Kyusho-Jitsu (l'art des points vitaux), l'enseignant nous a fait travailler sur les points vitaux en nous expliquant les méridiens d'acupuncture et nous a initiés à la médecine traditionnelle chinoise. Il nous a expliqué que les points vitaux étaient utilisés dans son art pour maîtriser l'adversaire, et que les mêmes points pouvaient être utilisés pour préserver ou améliorer sa santé dans la pratique d'un art qui s'appelle le Shiatsu.
Lors d'un autre stage, axé sur l'utilisation du bokken (sabre en bois), j'ai découvert l'usage de la respiration, du Hara, du Ki, un travail sans force physique.
C'était les révélations que j'attendais depuis des années.
 
 
Des journées d'initiations au Taï chi chuan m'ont permis de me conforter dans l'idée qu'il existait une dimension plus vaste, faite d'énergie qui circule, de complémentarité des êtres, d'une interaction entre les choses, bien plus grande que celle que je connaissais. Elles m'ont également ouvert la porte du travail interne de l'énergie, de la circulation de l'énergie et la santé par la monopolisation de l'énergie.
 
 
En 2003, mes recherches m'ont amené vers l'école Shiatsu-Do. J'ai décidé d'entrer en formation de Shiatsu, qui sera effective en 2004.
 
La même année (2003) je débutais l'Aïkido Traditionnel.
 
 
"Quand l'élève est prêt, le maître arrive"    (proverbe bouddhiste)
 
 
Aïkido et Shiatsu deux disciplines avec des différences apparentes.
 
 
L'Aïkido est un art martial japonais, un art de combat créé par Morihei UESHIBA (1883-1969).
 
L'Aïkido s'inspire de l'art des samouraïs, art qui mêle des techniques redoutables de combat et de mises à mort de l'adversaire. Cette discipline  possède de fortes valeurs morales représentées par les plis de l'Hakama (pantalon large plissé): bienveillance, honneur, étiquette, sagesse, sincérité, loyauté et piété, un respect de l'adversaire, une étiquette très stricte. Ces valeurs s'inspirent du très puissant code d'honneur des samouraïs. Il pouvait aller jusqu'au suicide honorable, le "hara kiri", en cas de faute grave.
 
Actuellement, la pratique de l'Aïkido se fait dans un dojo (lieu de pratique des arts martiaux), sous la direction d'un maître.
Sur le tatamis, deux personnes s'apprêtent soit à se saisir à mains nues, soit à frapper avec des armes telles le bokken (sabre en bois), le jyo (bâton en bois) ou le tanto (couteau en bois), dans certains dojos, des armes supplémentaires peuvent être utilisées.
Quand un élève s'inscrit dans un dojo et s'investit dans la pratique de l'Aïkido, l'apprentissage et la mise en application durent le restant de la vie.
 
Les techniques permettent une (ré)action proportionnée et immédiate à une attaque en utilisant la force et l'agressivité de l'adversaire et sa volonté de nuire. Elles visent à maîtriser l'adversaire, le plus souvent par un contrôle, afin de montrer à l'agresseur que son intérêt vital est d'arrêter là le combat. En cas de poursuite, l'issue probable est l'immobilisation.
 
En réalité, lors d'un combat, l'issue serait la mort.
 
La durée du combat est variable, en général très brève, mais la fin de l'affrontement est quand une personne a maîtrisé l'autre.
 
Durant la technique, le but de l'attaqué (Tori) est de sortir de la ligne d'attaque, dévier l'attaque, garder une distance de sécurité, devenir le centre du mouvement de façon à pouvoir diriger le mouvement, créer et utiliser un déséquilibre d'Aïté puis le faire chuter ou exercer un contrôle dans un mouvement de spirale.
 
A partir d'un certain niveau de ceinture noire, l'étude des points vitaux et de leur utilisation lors des attaques, permet une immobilisation plus rapide et plus efficace d'Aïté.
Durant toute la technique, il est nécessaire d'être toujours centré sur soi.
 
 
L'Aïkido est l'opposition et l'affrontement de deux personnes, de deux Ki.
 
 
 
 
Le Shiatsu est un art du bien être. Il est issu des massages chinois ANMO et japonais ANMA. Le terme Shiatsu a été utilisé pour la première fois en 1919 par  Tamai TEMPAKU. Le Shiatsu a évolué avec  Shizuto MASUNAGA (1925-1981), Tokujiro NAMIKOSHI (1905-2000), Katsusuke SERIWAZA…
 
Le Shiatsu enseigné par l'école Shiatsu-do est principalement inspiré par MASUNAGA et NAMIKOSHI.
 
L'acquisition des bases de cet art nécessite quelques années d'apprentissage de techniques, de connaissances des bases de la Médecine traditionnelle chinoise, d'un travail à deux.
 
Après les années d'études, lors des consultations, le receveur, celui qui reçoit le Shiatsu, devient le maître, le guide du donneur, celui qui a apprit l'art du Shiatsu.
 
 
Au départ, deux personnes, un donneur et un receveur, qui restent en relation permanente durant toute séance. Le donneur grâce au contact de ses mains sur le corps du receveur, au travail de ses pressions sur les méridiens d'acupuncture, aux exercices d'étirement, permet au receveur d'améliorer la perception de son corps avec ses limites, de monopoliser les énergies, de lever des blocages, de permettre un bien-être et peut-être d'améliorer son état. Chaque mouvement, chaque pression est guidée par le corps du receveur. Les mains du donneur sont un outil pour le receveur vers son mieux-être.
 
La surface du corps est l'écho de surface de ce qui se passe en profondeur. Le temps de présence sur une pression est donc variable, il dépend de l'écho et de la possible atteinte de la profondeur. Si le receveur l'autorise, l'atteinte de la profondeur est rapide; si le receveur est un peu réticent il faudra allonger le temps de pression ou de présence.
 
Au bout de la séance, c'est-à-dire pour un Shiatsu complet, au bout d'une heure environ, le donneur aura permis au receveur d'avoir été à l'écoute de son corps et d'être conscient de la vie qui l'anime.
 
Le Shiatsu est un moyen de bien-être et permet à notre pouvoir d'autoguérison, que chacun possède en soi, d'être stimulé.
 
 
Le Shiatsu est une interaction, une complémentarité, une harmonie de deux personnes, de deux Ki.
 
 
 
 
 
Aïkido et Shiatsu de profondes similitudes
 
 
En premier lieu, Aïkido et Shiatsu sont originaires du Japon.
 
Ils sont issus de la philosophie du Tao, l'unité de l'homme avec l'Univers.
 
 
Aikido-kanji.gifLe mot "Aïkido" est formé de 3 "kanji" :  ai : harmonie, unité ; ki : énergie;  do : voie.
 
Aïkido peut donc se traduire par " la voie de l'harmonie des énergies " ou "la voie de la rencontre harmonieuse des énergies" ou "la voie de l'unité des énergies".
 
 
undefinedLe mot "Shiatsu" est formé de 2 "kanji" : shi : doigts ; atsu : pression.
 
 En rajoutant le kanji "do", le Shiatsu est la voie de la technique de pression des doigts. Le Shiatsu est une technique holistique d'harmonisation des Energies.
 
Les deux mots possèdent dans leur définition, une similitude forte qui est l'harmonie ou l'harmonisation des énergies. Le "do" signifie un chemin, une voie.
 
 
Mais cette similitude ne s'arrête pas là, elle va bien au-delà, elle existe également dans la pratique.
 
 
Lors de la pratique, différentes étapes sont nécessaires.
 
Etre présent est une phase primordiale composée de plusieurs points qui s'adresse à son corps et à son esprit.
 
Tout d'abord, prendre conscience que l'on va faire autre chose par rapport à ce qu'on a fait jusqu'à ce moment. Laisser hors du dojo et hors du lieu de pratique du Shiatsu ses pensées, ses problèmes, ses "remue-méninges", pour être attentif à ce qui se passe dans ce lieu, ici et maintenant.
 
Un bon moyen pour arriver à réaliser cet état est de prendre conscience de sa tenue, de sa posture, le Shiseï en Aïkido. Le corps prend une attitude calme et détendu sans aucune tension.
 
Puis il est nécessaire d'être attentif à sa respiration, de l'amener là où elle sera utile, c'est-à-dire au niveau de son Hara, et la fixer à cet endroit. En Aïkido on appelle cela Kokyu.
Puis sentir dans son corps l'inspiration et l'expiration et ce que cela entraîne dans son corps. Percevoir son corps comme un énorme ballon qui se gonfle lors de l'inspiration, à partir du Hara et jusqu'aux bouts des doigts et orteils, puis à l'expiration le corps qui se dégonfle. Avec une certaine pratique, "l'inspire" et "l'expire" permettent d'avoir des sensations qui vont au-delà de son propre corps.
 
Lors de l'échange d'air, se produit également l'échange de l'énergie, inspiration du Ki pur, expiration du Ki impur. Entre les deux mouvements, l'énergie aura circulé dans les différents méridiens. Ressentir l'éternel mouvement de vague que l'inspiration et l'expiration apportent à son corps et garder cette sensation toujours présente.
 
Cette énergie vitale, en Aïkido Kokyu Ryoku, nous vient de l'au-delà, de l'Univers, du Tout. Elle est en lien avec l'esprit et ses effets sont visibles sur le corps physique.
 
 
La distanciation juste, le Maaï en Aïkido, permet de se situer par rapport à l'autre. Une double notion intervient ici : la distance et l'espace.
Une distance trop éloignée ne permet pas de rentrer en contact avec l'autre de manière juste. Une distance trop proche ne permet pas un travail correct. Il est nécessaire de trouver la distance juste.
L'espace entre soi et l'autre ne doit pas être ni trop grand, ni trop petit, mais juste. Trop d'espace ne permet pas de rentrer en relation avec l'autre. Pas assez d'espace ne permet pas de différenciation entre soi et l'autre, ou l'un risque d'être débordé ou envahi par l'autre.
 
A tout moment la distance et l'espace varient. Dans un geste à priori identique, la distance n'est pas la même, l'espace n'est pas le même. En réalité, la distanciation n'est jamais la même.
 
 
Travailler avec le Hara est possible une fois que la présence est effective, que la respiration est consciente, avec une distanciation juste, Shiseï, Kokyu et Maaï.
Le mouvement à faire débute au niveau du Hara et se projette vers l'extérieur de son corps en faisant abstraction de sa force physique et du travail musculaire. La dimension énergie vitale, Kokyu Ryoku, doit prévaloir.
 
 Ce travail est difficile à accomplir car notre éducation occidentale et notre environnement social nous ont appris à travailler principalement avec nos muscles. Notre force musculaire est nécessaire dans certaines situations, mais dans le domaine de l'Aïkido et du Shiatsu elle ne doit pas intervenir.
En Aïkido et en Shiatsu, il est donc nécessaire d'oublier cette notion de force "occidentale" pour en acquérir la composante "orientale".
 
Toute technique, tout déplacement est juste et donc efficace à partir du moment où cela se fait à partir du Hara, en tenant compte de l'Energie vitale, du Ki.
 
 
Une fois l'impulsion donnée, il est nécessaire de rester centré. Rester centré veut dire que chaque mouvement est à effectuer à partir de son Hara, avec le Ki, et durant tout le déroulement avec la présence du Hara et du Ki. Le moindre écart de son propre centre rend le mouvement soit moins juste et moins efficace, soit totalement inefficace voire même dangereux ou douloureux pour soi ou pour l'autre.
 
Le mouvement est accompagné dans l'expiration par le prolongement du souffle qui va au-delà de notre sphère personnelle et dans l'inspiration par le souffle qui provient du mélange de tous les souffles, de l'Univers, du Tout.
 
 
En Aïkido comme en Shiatsu, le travail se fait à deux. Mais ce travail ne peut se faire que dans l'Acceptation de l'autre.
Accepter la personne dans sa globalité avec sa morphologie, sa respiration, son état d'esprit, son énergie, son Ki, ses limites physiques et psychologiques, c'est-à-dire telle qu'elle est.
De plus il est nécessaire d'accepter la personne dans la situation telle qu'elle se présente, dans son mouvement en Aïkido.
 
Accepter l'autre peut se faire dans la mesure où l'acceptation de soi-même aura été réalisée. Une fois que nos propres possibilités, nos limites physiques et psychologiques auront été acceptées, notre mental, notre égo auront été calmés, et l'opposition à l'autre se réduira naturellement.
 
Ne pas créer d'opposition et permettre une rencontre, une complémentarité momentanée de deux personnes, de deux Ki, de deux situations et utiliser cette résultante. Cette résultante servira en Aïkido à devenir le centre de l'action, en Shiatsu à permettre au receveur de faire un travail sur son corps et sur son esprit.
 
 
L'acceptation de la personne et de la situation réalisées, la première action à faire est d'entrer chez elle, "Irimi" en Aïkido. Grâce à cette entrée chez l'autre, le contact juste sera possible. Cette entrée est à faire dans le respect des deux personnes et de leurs limites respectives.
Cette phase semble simple à comprendre et à faire, en réalité elle est demande une pratique afin de "sentir" si l'entrée est possible et jusqu'à quel niveau elle est réalisable.
 
 
Une fois entré chez l'autre,il est nécessaire d'Etre avec l'autre. Il est nécessaire de rester présent au receveur ou Aïté, d'accompagner le mouvement, de diriger l'énergie, durant tout le déroulement de l'action en Aïkido ou de la séance en Shiatsu, jusqu'à la fin du mouvement.
 
Le Ki agit au-delà du corps, le Ki agit avant le mouvement. En Shiatsu, cela permet de sentir la fluidité ou les blocages de Ki, avant que les effets physiques ne soient visibles, en Aïkido cela permet de pré-sentir l'action ou le mouvement.
 
 
Toutes ces phases permettent une triple présence : une présence à soi par un centrage sur son propre Hara et son Ki; une présence à l'autre par l'acceptation de cette personne telle qu'elle est; une présence à la situation actuelle.
Ce travail dépasse le simple positionnement de deux individus l'un à coté de l'autre. Il fait intervenir une dimension plus grande et plus globale.
 
Une meilleure circulation de l'Energie dans son propre corps est possible grâce à une respiration correcte et à des exercices adaptés.
En Aïkido et en Shiatsu certains Makko-ho, exercices d'étirements des méridiens, et de Do-in, auto-massages, sont identiques.
Chaque séance d'Aïkido comporte un travail de préparation physique et mentale avant la pratique. Stabilisation du mental par la concentration et la respiration, exercices de concentration du Ki dans le Hara et d'activation de la circulation du Ki dans son corps, sensibilisation au rayonnement du Ki.
Chaque cours de Shiatsu comporte un travail de préparation physique et mentale avec des exercices de respiration et de circulation du Ki dans les méridiens, chaque séance de Shiatsu doit comporter ce même travail de préparation physique et mentale par la respiration et le renforcement de la circulation de l'Energie.
 
Une bonne circulation de l'Energie dans son corps participe à un maintien de son état de bonne santé, à une amélioration de son état de santé, visibles sur et dans son corps physique.
 
A partir d'un certain niveau en Aïkido comme dans d'autres arts martiaux, l'étude des points vitaux est introduite dans des techniques. Les points vitaux sont des points des méridiens d'acupuncture choisis pour leur efficacité à affaiblir le corps de l'autre.
Quand on appuie sur un point vital, le corps peut ne pas en souffrir.
Quand on appuie sur deux, la circulation de l'énergie du corps est perturbée et le corps peut s'effondrer.
Une pression simultanée sur trois points vitaux et la personne s'évanouit.
D'après certains spécialistes des points vitaux, la "technique de la grue" bien effectuée, permet la frappe simultanée de 12 points vitaux !!!
 
Sur un coup de pied (mae geri), une pression sur RP6 ou sur VB39 entraine un affaiblissement de la force de l'autre jambe et un écroulement systématique de la personne.
Au niveau du cou, la pression sur le point de croisement des méridiens Intestin Grêle, Triple Réchauffeur et Vésicule Biliaire, à proximité d'IG16, permet une maitrise de l'adversaire.
Au niveau des jambes, une pression simultanée sur RP9 et E41 (pliure transversale du pied), entraîne un affaiblissement de la jambe touchée et la chute de l'adversaire.
Au niveau des bras et avant bras, un point du méridien du Poumon est systématiquement pressé. Simultanément une pression sur un ou deux autres méridiens : Intestin Grêle et Cœur, ou Gros Intestin, ou Maître Cœur et Gros Intestin, ou Triple Réchauffeur et Maître Cœur, permet une pleine efficacité des techniques.
Par exemple : P7+P8+P9+GI14 (Ikkyo), P7+IG9+C2 (Ikkyo), P7+C4+MC6 (Yonkyo), P7+GI6+MC6 (Yonkyo),...
 
D'autres points sont utilisés, il me faudra d'autres années de pratique de l'Aïkido pour les connaître.
 
 
D'autres similitudes peuvent encore être évoquées.
 
Un lieu où règnent la propreté, le calme et la sérénité est idéal pour la pratique de l'Aïkido comme pour les séances de Shiatsu.
 
La tenue, en Aïkido, est le keikogi (le kimono est une tenue de ville) de couleur blanche. À l'école "Shiatsu do" dont je suis élève, la tenue est de préférence blanche.
La couleur blanche est symbole du Métal et de la protection de soi, mais également symbole de pureté et d'intentions pures.
 
Certaines postures, telles celles de seïza (à genoux, orteils au repos), de hantachi (à genoux sur les orteils), du chevalier servant sont identiques pour l'Aïkido et le Shiatsu.
Lors des positions hantachi ou chevalier servant, la tension au niveau de la voûte plantaire permet d'avoir une action de stimulation sur le point R1, point de source du méridien Rein. La volonté et l'action sont ainsi augmentées.
Quand on tape le pied sur le sol, on recherche le même effet de stimulation.
 
 
 
 
 
Comment ces deux arts permettent une complémentarité et mènent vers l'unité de la personne.
 
 
Dans les arts martiaux, l'utilisation des points vitaux pour augmenter la puissance des coups ou pour remettre en état les combattants, lors des Kuatsu (techniques de réanimation) est d'usage courant.
Les points vitaux sont ainsi utilisés soit pour affaiblir soit pour aider le pratiquant en fonction du moment.
 
Les Makko-ho et les techniques de Do-in sont utilisés dans les arts martiaux et le Shiatsu pour améliorer la circulation de l'Energie. Ils font partie de la préparation physique et psychologique.
 
Dans certaines écoles d'arts martiaux, le Senseï (le maître, guide, professeur) enseigne aussi bien l'art martial que le Shiatsu.
Lors des stages d'arts martiaux, en fin de séances, on peut trouver des moments de pratique de Shiatsu.
 
Au début de la pratique de l'Aïkido comme du Shiatsu, les deux personnes sont des individus bien distincts avec leur physique, leur personnalité, leur Ki.
Le travail, être centré sur soi et être avec l'autre, permet durant un temps d'être en relation permanente avec l'autre, que la suite soit pour combattre ou pour prendre soin l'autre.
Tant que cette mise en relation n'est pas réalisée, la technique ne "marche" pas en Aïkido, la pression n'est pas juste en Shiatsu.
Au fur et à mesure de la recherche et des tâtonnements, l'un permet à l'autre d'être tolérant, bienveillant, vis-à-vis de soi, de l'autre et de la situation. Lors de la progression dans l'acceptation de soi, de l'autre et de la situation, une harmonie avec l'autre est recherchée.
 
Cette harmonie une fois atteinte, elle permet une technique juste en Aïkido.
A partir du moment où on retrouve cette harmonie dans la pratique du Shiatsu, le geste, la pression sont également justes.
 
De même, les apprentissages des gestes en Shiatsu, permettent lors de la pratique de l'Aïkido de travailler sur sa présence, la présence à l'autre et la juste distanciation.
 
Toutes les acquisitions dans un espace dédié, dans le dojo en Aïkido ou sur le futon en Shiatsu, entraînent une modification de notre comportement dans la vie de tous les jours. Avoir travaillé sur l'acceptation de soi, de l'autre dans cet espace privilégié entraîne progressivement une acceptation de soi, de l'autre dans la vie courante. L'acceptation de l'autre grandit en même temps que celle de soi et celle de la situation telle qu'elle se présente, sans jugement et sans émotion.
 
L'autre représente les membres de la famille (conjoint, parents, enfants,…), les relations de travail (collègues, hiérarchie,…), le voisinage et les amis, mais aussi les animaux (domestiques ou non), et par extrapolation la nature dans son ensemble (faune, flore, Terre,…). Cette prise de conscience entraîne une expansion de notre conscience vers quelque chose de plus vaste et de plus puissant pour aboutir à la conscience de l'Univers, de l'Un, du Tao.
 
Parallèlement une prise de conscience de soi, de son énergie, du Ki entraîne un changement dans la vie courante, par rapport à soi. La conscience que tout est énergie ou vibration, que chaque être est une manifestation de l'énergie avec ses forces, ses faiblesses et ses limites, nous amène à nous interroger sur notre hygiène de vie, nos moyens pour préserver ou stimuler notre santé, notre alimentation, notre vie matérielle, des méthodes pour se soigner sans se "soi-nier". Parfois des choix et des décisions de modification de notre environnement et de notre vie s'imposent naturellement pour une vie plus en adéquation avec les lois naturelles de l'Univers, du Ki, du Tao.
 
Ne pas vouloir changer l'autre, accepter l'autre, s'accepter soi, se connaître, oser vivre sans juger, freiner le mental, calmer l'émotionnel, oser être soi-même, respecter les lois naturelles, est un travail sur soi, une évolution personnelle qui se fait d'abord à l'intérieur de soi et qui est visible à l'extérieur de soi et qui nous mènent vers la prise de conscience que nous sommes tous liés et faisons partie de l'Univers, de l'Un, du Tao.
 
La recherche du geste ou de la pression juste et précise du départ, nous amène à être une personne unique, cohérente dans son comportement de chaque jour, de chaque instant, et unifié avec le Tout.
 

Sources bibliographiques
 
 
Aïkido – Nobuyoshi TAMURA
 
Zen Shiatsu – Shizuto MASUNAGA
 
Zen Exercices visualisés - Shizuto MASUNAGA
 
L'art et la voie du Shiatsu Familial – Bernard BOUHERET
 
 
Auteur : Céline WEINGARTNER               juin 2007              Enseignants : Michèle ECCLI - Régis POIRIER Shiatsu-do 57130 ARS / MOSELLE
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